Interview David Ventura

David Ventura est un grand nom du Shiatsu en Espagne. Une interview recueillie par Barbara Aubry et Esther Zajac.

Barbara, tu sais je suis arrivé au shiatsu, comme beaucoup de gens que j’ai connus dans le monde entier, par hasard.
J’ai rencontré dans la rue à Londres, où j’étais arrivé trois mois auparavant – sans savoir que j’allais y rester dix ans – une professeur de danse que j’avais connu à Barcelone il y a bien des années. Elle venait juste de commencer à étudier le shiatsu, et elle avait besoin de quelqu’un avec qui s’entrainer.
Il n’a pas fallu deux mois pour que que je commence une formation en Zen Shiatsu !

Avant de découvrir le shiatsu, ma grande passion était la moto. En fait, je l’ai toujours, cette passion et j’ai toujours eu – et j’ai toujours – au moins une moto dans ma vie.

Je suis entré dans le monde du shiatsu par la British School of Shiatsu et sans doute Bill Palmer et la vision du Movement Shiatsu m’ont influencé.

C’est là que j’ai appris l’importance de l’honnêteté, et de la rigueur qui ne doit pas être rigide. C’est là que j’ai appris l’importance du travail sur soi-même. Et c’est cela qui m’a fait comprendre à quel point était importante la relation que l’on établit avec les personnes qui viennent nous voir.

Cela m´a aussi fait prendre conscience des relations de pouvoir qui sont en jeu dans une session et comme c’est facile de tomber en plein dedans, même en étant animé des meilleures intentions !
Je suis passé d’une vision du shiatsu essayant de résoudre des symptômes et de rééquilibrer l’énergie d’une personne, à une autre qui se centrait sur la dynamique de ce qui vivait cette personne et sur ce qu’elle pouvait, ou voulait, en faire.

Mon rôle est passé de celui de soignant, à celui que je joue actuellement, celui d’être parfois un professeur, au sens que j’essaie d’accompagner, de pousser quand je crois utile, de soutenir, de donner confiance à l’organisme de la personne pour qu’elle trouve la façon de retrouver ses capacités et d’être vivante.
Je ne vais pas “ me jeter des pierres sur mon toit “ comme ont dit chez nous,  mais en fin de compte, je crois que ce qui fais la différence n’est pas tellement la méthode de travail mais la qualité personnelle et humaine du professionnel qui exerce.

Le shiatsu insiste sur l’importance du ressenti, sur le rythme et la profondeur du “toucher” …
Le shiatsu se propose de rééquilibrer l’énergie de la personne.

Le Mouvement Shiatsu cherche à ce que la personne apprenne quelque chose d’utile sur elle même et qu’elle gagne des outils pour pouvoir trouver sa voie vers une vie plus pleine et satisfaisante.

Le Mouvement Shiatsu se donne comme but que la personne qui vient ait envie de chercher par elle-même, de faire ses propres expériences, de façon à ce que les réponses ne vienne pas seulement de la part du ou de la professionnelle de shiatsu mais aussi de son expérience vécue.

Ça fera d’elle une cliente non passive mais active dans son processus d’épanouissement et de découverte. Et on voit ce processus comme un voyage partagé où chaque partie accepte ses responsabilités.

Pour ce qui est de la situation du shiatsu du point de vue de la légalité en Espagne, il n’existe pas pour le moment de cadre légal. Il n’y a donc pas pour le moment de règles fixées. Nos séances ne sont donc pas reconnus comme des prestations de santé, et nous n’avons pas de formations professionnelles reconnues par l’Etat.
De toutes façons, le shiatsu en Espagne est bien organisé à travers l´association Apse, qui réunit professionnels et étudiants, et nous n’avons pas de problèmes pour être acceptés du public et pour travailler.

Nous avons différentes écoles mais elles se respectent et se mettent souvent d’accord sur des protocoles communs. et ont accordé souvent des protocoles communs.
Pour ma part, je pense que cela nous donne une liberté de formation indépendante du monde médical, ce qui fait que l’on peut développer dans chaque centre ce q’on ressent vraiment comme particulier et intéressant.
Le shiatsu a comme grande vertus, selon moi, le respect pour toutes les visions de cet art du toucher.