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Prendre soin de ses méridiens avec le Zen-Streching®

Article rédigé par Silvia Marchesa Rossi, créatrice de la méthode.

« Mens sana in corpore sano » est l’expression d’une sagesse ancienne qui est toujours d’actualité.

Partir du soin du corps, le  » (ré)-éduquer « , pour améliorer non seulement les performances physiques, mais aussi les capacités mentales est une stratégie d’entraînement et d’évolution universellement reconnue. C’est pourquoi il existe tant de méthodes de formation, chacune avec ses propres références culturelles, toujours intéressantes et utiles à explorer.

Le Zen-Stretching®

Le Zen-Stretching® s’inscrit dans ce cadre, il part du corps, de SON PROPRE CORPS, avec toutes ses caractéristiques : histoire, sexe, âge, limites, performances, besoins, état de santé…

Zen-streching-groupe

La base théorique provient de la culture orientale, notamment japonaise, qui ne connaît pas la séparation entre l’esprit et le corps, héritée en Occident de la philosophie cartésienne. L’énergie qui régit le mouvement physique est la même que celle qui sous-tend tous les niveaux vitaux de la personne, on peut donc parler d’entraînement du corps, de l’esprit et de l’âme.

La méthode d’apprentissage présente également les caractéristiques d’une formation de type oriental : elle part d’aspects apparemment superficiels, plus matériels et concrets (mouvement du corps) pour arriver à un approfondissement progressif des lois qui régissent la circulation de l’énergie avec toutes les corrélations infinies qui y sont liées dans la vitalité de la personne.

Les 5 étapes de la pratique du Zen-Stretching®

Dans le Zen-Stretching® tout cela se passe en 5 étapes, selon une tendance cyclique de croissance et d’évolution sans fin, en étant capable de recommencer mais chaque fois à un niveau plus élevé de conscience et d’efficacité.

1) Connaissance

2) Écoute

3) Acceptation

4) Évaluation

5) Dépassement

Par exemple, qu’un exercice physique stimule principalement la fonction respiratoire ne suscite aucune surprise, mais que ce même exercice puisse nous faire percevoir (selon les sensations ressenties en l’effectuant, par rapport à d’autres) la qualité de cette fonction vitale et aussi notre propre moi, nos propres limites, nos propres façons de connaître, de socialiser, de communiquer… est peut-être un peu moins évident.

Masunaga-ChartANT
Carte des méridiens de Masunaga

Pourtant, ce sont précisément ces présupposés de la pratique qui soulignent sa validité pour améliorer la perception de soi. Mais voyons en détail les différentes étapes.

Étape 1 : la connaissance

Dans de nombreux sens. Dans l’exécution des exercices qui travaillent sur certaines voies énergétiques, on apprend d’abord à les connaître : ce ne sont pas des positions difficiles, mais elles demandent une attention et une précision qui vont au-delà de la simple répétition, car leur sens et leur effet dépendent beaucoup de la précision de l’exécution.

Et la précision n’est pas seulement le résultat d’une imitation minutieuse : il s’agit en fait d’induire dans le corps les étirements et les mobilisations qui utilisent et stimulent les chaînes musculaires appropriées le long desquelles circule l’énergie vitale. Par conséquent, la connaissance de soi, de ses propres capacités motrices, de l’équilibre fonctionnel des parties du corps, de ses propres limites et avantages physiques.

Étape 2 : l’écoute

Elle fait référence aux sensations, parfois si subtiles et profondes qu’elles passent totalement inaperçues, à tel point que notre corps doit parfois utiliser la voix de la douleur physique pour nous envoyer des signaux que nous ne pouvons plus ignorer.

La réponse perceptive du corps à chaque position acquiert une signification précise pour évaluer les exercices les plus appropriés à la condition énergétique du moment. Et puisque l’énergie est synonyme de changement, il est nécessaire d’entraîner notre capacité perceptive à une adaptation continue, sans prendre aucune réaction pour acquise.

Étape 3 : l’acceptation

L’une des principales prémisses du Zen-Stretching® est de COMMENCER PAR SOI. L’intention est de percevoir, reconnaître et stimuler au mieux nos chemins énergétiques. De ce point de vue, chacun de nous est un univers en soi, quelles que soient nos conditions psychophysiques.

Nous sommes en vie ! Cela signifie que notre personne est faite d’énergie, qui circule de manière plus ou moins harmonieuse et fluide selon l’histoire et la forme de chacun. Nous apprenons donc à écouter notre énergie et à la guider avec des défis possibles et délicats.

Contractures, rigidité, malformations, insensibilité ou sensibilité excessive : ce sont autant de conditions de départ, en acceptant lesquelles nous sommes invités à évoluer sur un chemin personnel. Les exercices proposés dans la forme standard ne sont qu’un début, toujours adaptables selon une logique de respect de la condition de départ et de recherche de parcours énergétiques sur soi-même.

Étape 4 : l’évaluation

Dans un sens positif. Cela signifie être capable de discriminer les niveaux d’appréciation entre différents exercices, ou entre les réactions dans différentes parties du corps pendant leur exécution. L’exercice le plus agréable, parce qu’il provoque un bénéfice dans l’étirement, peut indiquer une condition d’excès d’énergie dans le parcours concerné par la forme; si même l’étirement suscite une sensation d’inconfort, cela indique un excès encore plus grand; si au contraire le stimulus est ressenti de manière moins évidente, ou plus tardive, par rapport à d’autres, alors il s’agira d’un possible manque d’énergie dans le parcours concerné. Parfois, la réponse sensible est plus prononcée dans une partie du corps que dans d’autres : cela indique également une possible dysharmonie dans la circulation énergétique. À la suite de ces évaluations, des mesures correctives sont sélectionnées pour équilibrer la distribution de l’énergie dans la personne.

Étape 5 : le dépassement

Quelle que soit la condition de départ (au début d’une seule séance d’entraînement ou au début d’un parcours d’entraînement) la pratique repose sur la possibilité de mesurer et de vérifier les changements positifs, qui se produisent avec une gradualité différente selon la constance, l’intensité, le dévouement et la réactivité de chacun. Et nous verrons comment ce qui se passe au niveau physique s’étend bientôt aux différents niveaux dans lesquels s’exprime notre vitalité.

En enseignant le Qi Gong, j’ai appris que l’entraînement se perfectionne par étapes :

Tiao Shen : régler et harmoniser votre corps

Tiao Xi : régler et harmoniser votre respiration

Tiao Xin : régler et harmoniser le cœur.

C’est une démarche qui s’effectue ponctuellement dans toutes les formes utilisées pour « maîtriser sa propre énergie ».

Dans le Zen-Stretching®, ces étapes deviennent le résultat naturel de la continuité de l’entraînement. Au début, nous nous (pré)occupons principalement de reproduire les positions et les mouvements en adaptant notre corps aux différentes formes.

Le Zen-Stretching®  en pratique

Cependant, à mesure que l’on progresse dans la pratique, d’autres niveaux d’attention apparaissent : il ne suffit plus de savoir si « j’ai bien fait les exercices », mais il devient important de savoir où et comment ceux-ci « se font sentir », comment « ils me font sentir ».

Rééquilibrer le flot énergétique

À ce stade, nous sommes en mesure d’évaluer notre réponse en la plaçant dans une hiérarchie de considérations, à partir desquelles nous pouvons déduire l’état de notre circulation énergétique et le comparer non seulement à notre état physique, mais aussi aux conséquences de la différente disponibilité de l’énergie dans les fonctions vitales fondamentales.

Puisque l’efficacité et le bien-être dépendent d’un bon équilibre, dynamique et fonctionnel, entre les différents aspects de l’énergie de la personne, nous avons tout intérêt à appliquer les mesures appropriées pour recharger (exercices de tonification) les aspects déficients et redistribuer (exercices de dispersion) ceux en excès.

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Afin de vérifier si nous avons identifié les actions correctes pour nous à ce moment-là, au-delà du fait de « se sentir mieux » et de « mieux fonctionner », nous pouvons effectuer une série d’exercices de contrôle et ainsi avoir un retour d’information si effectivement ce ou ceux qui ressortaient comme « plus difficiles », ou « plus fatigants », ou « plus douloureux » donnent maintenant une réponse comparativement plus acceptable.

Comprendre ce qu’il y a derrière la répartition de l’énergie

Cependant, l’introspection va au-delà de ce niveau. En étudiant les correspondances entre les parcours énergétiques stimulés par les mouvements et les aspects vitaux qu’ils régissent, il est possible et surtout intéressant d’identifier, au fil du temps, la correspondance relative entre, par exemple, un exercice « plus lourd » et les fonctions qui y sont liées, qui présentent facilement différents degrés de dysharmonie ou d’inefficacité.

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Dans le langage de la pratique du Zen-Stretching®, ces exercices montrent que nous utilisons en excès cette capacité vitale, qui montre alors des signes de fatigue. Généralement, nous le faisons pour une très bonne raison : cette capacité vitale est l’une de nos forces et il est normal que nous nous y appuyions encore plus que nécessaire, car elle est susceptible de compenser instinctivement une déficience avérée dans un autre aspect vital, ce qui, dans le Zen-Stretching®, se révèle par une relative facilité/confort d’exécution de l’exercice correspondant.

Identifier ces différences dans l’exécution permet donc une meilleure CONNAISSANCE de son propre vécu intérieur, une ÉCOUTE plus attentive de ses propres réactions, une ACCEPTATION bénéfique de ses propres faiblesses, une ÉVALUATION non jugeant mais discriminante de ses propres ressources, et enfin un DÉPASSEMENT d’éventuels conflits intérieurs non résolus. La pratique permet non seulement de reconnaître les différences, mais aussi d’utiliser les correctifs les plus efficaces pour modifier et rééquilibrer la répartition de l’énergie entre les différentes parties du soi, en versant le rééquilibrage à tous les niveaux.

Pratiques complémentaires au Zen-Stretching® 

Une activité très proche de ce travail d’introspection est l’auto-hypnose, qui permet d’atteindre une condition de relaxation profonde, importante pour vaincre la résistance de la fonction critique car elle induit un état de suggestibilité qui nous rend plus réceptifs à l’acceptation de propositions de changement considérées comme bénéfiques.

C’est pourquoi il est important d’accompagner la pratique du Zen-Stretching® de moments de méditation et de relaxation : ils préparent le praticien à mettre de côté ses propres résistances, afin d’aiguiser sa sensibilité dans tous les domaines, de donner voix aux sensations et d’accepter l’interprétation spontanée du subconscient. L’induction d’une relaxation profonde est un élément essentiel de la pratique du Zen-Stretching®, tant lors des séances de groupe que des séances individuelles, dans lesquelles l’auto-hypnose joue un rôle fondamental.

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